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Crypto : Coinbase a converti tes USDT en USDC sans te demander, pourquoi et que faire ?


Si tu avais des USDT sur Coinbase en Europe et que tu ne les as pas déplacés à temps, regarde ton solde : tu n'en as plus. Vendredi 30 octobre, la plateforme a converti d'office tout ce qui restait en USDC, au prix du moment, sans rien te demander. Et pas seulement les USDT : quatorze jetons y sont passés, dont un qui représente de l'or.

Ce n'est ni un piratage ni un caprice de Coinbase. C'est le règlement européen sur les cryptos qui vient de mordre pour de vrai.

La nuit dans une chambre, une personne dort paisiblement, et au premier plan sur la table de chevet une main gantée remplace une petite pile de jetons de poker verts par une pile de jetons bleus, à côté d'un smartphone à l'écran éteint

Le 30 octobre, les jetons ont été échangés en une seule fois, au prix du marché

C'est quoi, un stablecoin, déjà ?

Un stablecoin, c'est une crypto qui ne bouge pas. Enfin, qui n'est pas censée bouger : chaque jeton vaut un dollar, parce que la société qui l'émet garde en réserve, en théorie, un dollar pour chaque jeton en circulation. On s'en sert comme d'une salle d'attente, pour sortir du bitcoin sans repasser par sa banque, ou pour envoyer de l'argent à l'autre bout du monde en quelques minutes.

Les deux plus gros s'appellent USDT, émis par la société Tether, et USDC, émis par Circle. Sur le papier, c'est la même chose. Sauf que depuis le 1er juillet, en Europe, ce n'est plus du tout la même chose.

Pourquoi Coinbase a fait ça

MiCA, c'est le règlement européen qui encadre les cryptos depuis fin 2024. Une de ses règles est simple : un stablecoin ne peut être proposé au public en Europe que si la société qui l'émet a obtenu un agrément européen, une autorisation officielle délivrée par un régulateur. Circle l'a demandé et obtenu, en France. Tether, non. La période de tolérance pour les émetteurs s'est terminée le 1er juillet 2026, sans prolongation.

Le 8 octobre, l'ESMA, le gendarme européen des marchés financiers, a enfoncé le clou : les plateformes agréées doivent arrêter tout service lié à ces jetons non conformes, et liquider ce qui reste au plus tard début janvier. Coinbase, qui sert ses clients européens depuis le Luxembourg avec un agrément du régulateur luxembourgeois, a choisi d'aller plus vite que la limite. Achat, vente et échange étaient déjà bloqués, et les clients avaient jusqu'au 30 octobre pour retirer leurs jetons. Ce qui restait a été converti en une seule fois.

La liste complète des quatorze : USDT, PAX, PYUSD, GUSD, GYEN, DAI, BUST, UST, RAI, PAXG, MUSD, USD1, USDS et TGBP. Il y a donc aussi le PYUSD de PayPal et le DAI, que beaucoup de gens croyaient intouchables.

Le cas de l'or, et il est savoureux

Le PAXG, c'est un jeton qui représente une once d'or, environ 31 grammes, rangée dans un coffre à Londres. Tu peux en acheter un bout, le revendre à 3 heures du matin, et le jour où tu veux, vérifier le numéro du lingot qui est derrière. Le rêve de l'oncle Picsou version smartphone.

Le problème, c'est que MiCA range ce genre de jeton dans une autre famille, celle des jetons adossés à un panier ou à une matière première. Et d'après CryptoTicker, aucun émetteur n'a encore reçu d'agrément dans cette famille depuis qu'elle existe, en juin 2024. Paxos, qui émet le PAXG, a bien une licence européenne, en Finlande, mais pour un autre jeton, un stablecoin en dollars. Pas pour l'or.

Sur le comptoir d'une bijouterie, la main d'un vendeur retire d'un plateau de velours un petit lingot d'or et pousse à sa place un jeton en plastique bleu de la même taille, devant les mains ouvertes d'un client surpris

Coinbase convertit en USDC quand c'est adapté, sinon dans un autre actif, et ne précise pas lequel pour l'or

Résultat : celui qui avait mis un peu d'argent dans de l'or numérique sur Coinbase s'est réveillé avec autre chose. Coinbase dit qu'il convertit en USDC « quand c'est adapté », sinon dans un autre actif ou une monnaie. Pour l'or, je n'ai trouvé nulle part ce qui a été choisi. Ton historique te le dira.

Ce que ça t'apporte, quand même

Bon, soyons honnêtes deux minutes. Se faire changer ses jetons pendant la nuit, c'est désagréable. Mais regarde ce que tu as reçu à la place. L'USDC est émis par une société agréée en Europe, qui doit garder ses réserves à l'abri, et surtout te rembourser à un dollar pour un dollar si tu le demandes. Ce droit au remboursement est écrit dans MiCA. Avec un jeton non agréé, tu n'as que la promesse de l'émetteur.

C'est un peu comme le contrôle technique. Personne ne l'aime, tout le monde râle en payant, mais on est content que la voiture d'en face y soit passée.

Ce que je ferais à ta place

D'abord, ouvre ton historique Coinbase et cherche la ligne de conversion du 30 octobre. Note la date, la quantité et le prix. Coinbase le dit lui-même : une conversion d'une crypto en une autre peut avoir des conséquences fiscales, et selon le pays elle peut compter comme une vente. Avec ces trois chiffres sous la main, ta déclaration ou ton comptable n'aura pas besoin de jouer aux devinettes.

Ensuite, et c'est le piège : n'envoie plus de USDT vers Coinbase. Les dépôts arrivés après le 30 octobre ne sont ni crédités ni convertis. Coinbase parle d'une procédure de récupération pour certains actifs, mais sans aucune garantie. Autant dire que tu jettes une bouteille à la mer.

Et si tu as des USDT sur une autre plateforme européenne, c'est le même film avec quelques semaines de retard. Je t'expliquais il y a un peu plus de trois semaines que les plateformes européennes avaient jusqu'au 8 janvier pour faire le ménage. Chacune choisira sa date et sa méthode, à toi de surveiller les mails qu'on ne lit jamais.

Un calendrier mural de janvier 2027 accroché dans un bureau à la maison, le chiffre 8 entouré au feutre rouge, avec en dessous sur le bureau un smartphone ouvert sur une application de cryptos et une tasse

Le 8 janvier 2027, limite fixée par l'ESMA aux plateformes européennes agréées

Dernière chose : rien ne t'interdit de garder des USDT ou du PAXG. MiCA vise les émetteurs et les plateformes, pas toi. Tu peux toujours les ranger dans ton propre portefeuille, une application ou une petite clé qui garde tes cryptos chez toi plutôt que chez une plateforme. Mais tu sors alors du filet européen, et si tu perds ta clé, personne ne te la renverra par la poste.

Deux images côte à côte : une femme sort d'une agence avec une petite cassette métallique dans une main et une clé électronique dans l'autre, puis la range chez elle dans un petit coffre-fort sur une étagère du salon

Garder ses cryptos soi-même, c'est permis, mais on devient aussi son propre banquier

Mon avis

Pour moi, la règle est bonne. Un jeton qui prétend valoir un dollar doit pouvoir le prouver, point. Ce qui me gêne, c'est la manière : des clients qui n'ont pas ouvert le bon mail se réveillent avec autre chose que ce qu'ils avaient acheté, et une ligne en plus dans leur déclaration d'impôts. Coinbase a joué dans les règles, mais il aurait pu prévenir un peu plus fort que par un article dans son centre d'aide.

Et à Tether, qui reste le plus gros stablecoin du monde : le formulaire d'agrément européen, il est en ligne depuis deux ans, hein !

Sources

Article écrit avec l'aide de Claude Code, relu et corrigé par moi.

#Crypto#Reglementation#Blockchain#Actualite

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