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Mac : Apple sort enfin un MacBook Pro à écran tactile, à quoi ça sert vraiment ?


En 2010, Steve Jobs avait réglé la question en une phrase : un écran tactile à la verticale, c'est « ergonomiquement désastreux ». Au bout d'un moment, disait-il, ton bras a envie de tomber. Seize ans plus tard, le mercredi 28 octobre, Apple a présenté son premier Mac à écran tactile. Un MacBook Pro, en 14 et 16 pouces, en magasin le 6 novembre.

Alors, Apple s'est trompée pendant seize ans, ou elle a craqué ? Un peu des deux.

Un index qui touche l'écran brillant d'un ordinateur portable argenté pour zoomer sur une photo de paysage, avec une petite découpe noire en forme de pilule en haut de l'écran

Le geste que les Mac ne connaissaient pas : poser le doigt sur l'écran

Le grille-pain et le frigo

Petit retour en arrière, parce que l'histoire est savoureuse. En 2012, Tim Cook, alors patron d'Apple, se moquait des ordinateurs qui voulaient être aussi des tablettes. On peut fusionner un grille-pain et un réfrigérateur, expliquait-il en substance, mais ça ne plaira probablement à personne. Pendant ce temps, chez Microsoft, Windows 8 mettait le tactile partout, et les PC portables à écran tactile sont devenus banals.

Apple, elle, a tenu bon. Elle a juste tenté une bande tactile au-dessus du clavier en 2016, la Touch Bar, que presque personne n'a regrettée quand elle a disparu. Et voilà le frigo avec son grille-pain intégré, livré quatorze ans après la vanne.

Un réfrigérateur en inox avec un grille-pain encastré dans sa porte, d'où sortent deux tranches de pain grillé, sous le regard perplexe d'un homme en peignoir qui tient un couteau à beurre

La comparaison de Tim Cook en 2012, prise au pied de la lettre

Ce qu'on peut faire avec le doigt

Bonne nouvelle : Apple n'a pas transformé le Mac en grosse tablette. Le clavier et le trackpad restent le cœur de la machine, et le doigt vient en plus. Concrètement, d'après ce qu'Apple a montré :

  • faire défiler une page web ou un document en glissant le doigt ;
  • pincer pour zoomer sur une photo ;
  • attraper un élément et le déplacer directement à l'écran ;
  • tapoter deux fois une fenêtre pour l'agrandir.

Et tes logiciels actuels n'ont rien à faire : macOS transforme ton tapotement en clic de souris. Ceux qui veulent aller plus loin ont de nouveaux outils. Logic Pro, le logiciel de musique d'Apple, affiche par exemple un clavier de piano et des pads de batterie sur lesquels on tape avec les doigts, et Final Cut Pro laisse déplacer les morceaux de vidéo à la main.

Là où je vois un vrai plus, c'est dans les petits moments du quotidien. Tu montres des photos de vacances à quelqu'un assis en face de toi : tu fais défiler au doigt, sans chercher le trackpad. Tu suis une recette, les mains pleines de farine : un coup de phalange pour descendre, et c'est réglé. Ça paraît bête. C'est exactement le genre de chose qu'on fait déjà, machinalement, sur un écran de PC qui ne réagit pas.

Un employé de bureau fatigué tend le bras droit pour toucher l'écran de son ordinateur portable, le coude calé sur une pile de gros livres, l'autre main posée sur le bureau près d'une tasse

Le « bras de gorille » que redoutait Steve Jobs, après une heure de tactile à la verticale

Et le bras qui tombe ? Apple a visiblement écouté Steve Jobs : personne ne te demande de travailler une journée entière au doigt. Le tactile sert pour un geste rapide, pas pour taper un rapport. La charnière a aussi été renforcée pour que l'écran ne bascule pas quand on appuie dessus, et un système stabilise même l'image de la caméra si tu touches l'écran en plein appel vidéo. Ils ont pensé à tout, sauf peut-être au chocolat.

L'écran, et le reste

L'écran tactile est un OLED, cette technologie où chaque point de l'image s'allume tout seul, ce qui donne des noirs vraiment noirs. Apple l'appelle « ProLED XDR », il monte à 2 000 nits de luminosité (en gros, lisible en terrasse en plein soleil) et rafraîchit l'image jusqu'à 120 fois par seconde. L'encoche du haut de l'écran disparaît au profit de la « Dynamic Island » de l'iPhone, une petite pastille noire qui affiche la musique en cours, un transfert AirDrop à accepter ou Siri.

Côté balance, c'est une bonne surprise, d'après les fiches d'Apple relayées par MacGeneration : 1,38 kg pour le 14 pouces au lieu de 1,55 kg, et 1,82 kg pour le 16 pouces au lieu de 2,14 kg. Un tiers de kilo de moins dans le sac à dos, sur le gros modèle. Apple annonce jusqu'à 24 heures d'autonomie, un chiffre de constructeur qu'il faudra vérifier dans les tests.

L'écran éteint d'un ordinateur portable couvert de traces de doigts grasses et de confiture, avec la main d'un enfant aux doigts pleins de confiture qui entre dans le cadre et un chiffon microfibre posé près du clavier

Le vrai test d'un écran tactile, c'est le goûter des enfants

Pour l'entretien, la règle d'Apple vaut plus que jamais : un chiffon microfibre à peine humide, et jamais de produit à vitres ni d'essuie-tout, qui rayent ou abîment le traitement de l'écran.

Le prix, et le piège de la puce

Maintenant, la douche froide. En France, selon les tarifs relevés par MacGeneration le jour de l'annonce, le 14 pouces tactile démarre à 3 299 euros et le 16 pouces à 3 899 euros. À configuration égale, c'est 400 euros de plus que le MacBook Pro à écran classique en 14 pouces, et 500 euros en 16 pouces. Et si tu coches toutes les options, le 16 pouces grimpe à 16 099 euros. Le prix d'une petite voiture d'occasion, avec moins de roues.

Mon conseil, gratuit celui-là : va le tripoter en Apple Store à partir du 6 novembre. Dix minutes de démo suffisent pour savoir si ton bras est d'accord avec ton portefeuille.

Et voilà le détail qui m'a fait sourire. Ce MacBook Pro tactile tourne avec des puces M5 Pro et M5 Max. La veille, mardi 27 octobre, Apple sortait un MacBook Pro 14 pouces sans écran tactile mais avec la nouvelle puce M6, à partir de 1 999 dollars aux États-Unis. Donc le modèle le plus cher de la gamme n'a pas la puce la plus récente. Les M5 Pro et M5 Max restent des monstres de puissance, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, mais il faut le savoir avant de signer.

L'écran reste aussi le pari le plus risqué d'Apple cette année : il y a deux jours, je racontais que des écrans de l'iPhone Duo se fendent au pli. Ici, pas de pli, mais une première génération reste une première génération. Laisser passer les premiers tests indépendants avant de sortir la carte bancaire, ce n'est pas de la frilosité, c'est du bon sens.

Alors, j'en veux un ?

Pour mon métier, le développement, honnêtement, non. Je passe mes journées au clavier, et mon doigt ne remplacera jamais un raccourci clavier pour sauter d'une ligne de code à l'autre. Mais si tu fais de la photo, de la vidéo ou de la musique, ou si tu as toujours trouvé frustrant qu'un Mac ne réagisse pas au doigt alors que ton iPhone si, c'est une vraie évolution, pas un gadget.

Sources

Article écrit avec l'aide de Claude Code, relu et corrigé par moi.

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