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RTX Spark : ton prochain PC Windows fera-t-il tourner l'IA sans Internet ?


« Sans Windows, il n'y aurait pas de GeForce. » C'est Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui l'a dit mercredi 7 octobre à San Francisco, assis à côté de Satya Nadella, le patron de Microsoft. Joli compliment, et pas gratuit : les deux venaient présenter RTX Spark, une nouvelle puce pour PC portables Windows. Le but annoncé : faire tourner une IA directement sur ton ordinateur, sans Internet, sans abonnement, et sans que tes fichiers partent chez quelqu'un d'autre. Sur le papier, ça ressemble beaucoup à ce que j'attends depuis des mois. Mais regardons ça d'un peu plus près.

Sur une table de cuisine, une box internet débranchée, toutes lumières éteintes, sa prise posée à côté d'elle, et juste derrière un ordinateur portable où un assistant d'IA continue de répondre dans une conversation, pendant qu'une femme tient sa tasse de thé

Box débranchée, et l'IA répond quand même

Un seul grand garde-manger au lieu de deux petits frigos

RTX Spark, c'est le processeur et la carte graphique soudés sur la même puce, avec jusqu'à 128 Go de mémoire partagée entre les deux. Et c'est cette mémoire partagée qui change tout.

Dans un PC classique, le processeur a sa mémoire, la carte graphique a la sienne, et elles ne se prêtent rien. Deux petits frigos dans deux pièces différentes. Or une IA, pour fonctionner, doit tenir en entier dans la mémoire de la carte graphique, et une bonne carte de joueur en a 16 Go. C'est trop petit pour les gros modèles. Avec RTX Spark, tout le monde pioche dans le même grand garde-manger de 128 Go. Apple fait exactement ça sur ses Mac depuis 2020, et c'est d'ailleurs pour ça que tant de bidouilleurs d'IA ont un MacBook.

Avant et après, côte à côte dans une cuisine : à gauche, deux tout petits frigos séparés, l'un plein à craquer et l'autre à moitié vide, avec l'étiquette « Avant : deux petits frigos » ; à droite, un grand garde-manger bien rangé où deux cuisiniers se servent en même temps, avec l'étiquette « Après : un grand garde-manger partagé »

La différence entre un CPU et un GPU séparés qui ne partagent rien, et un seul et même garde-manger

Et pendant la présentation, Nvidia a fait tourner Qwen 3.8 Flash Next, un modèle d'IA de 125 milliards de paramètres (les petits réglages qu'une IA apprend pendant son entraînement), directement sur la machine, hors ligne. Pour te donner une idée, en août je te parlais d'un modèle de Meta qui tient sur une carte graphique, et c'était déjà une petite fête. Là, on parle d'un modèle plusieurs fois plus gros, dans un portable.

L'agent dort dans la chambre d'amis

La partie la moins spectaculaire est peut-être la plus importante. Microsoft a sorti le même jour un système appelé MXC, pour Microsoft Execution Containers. Un « agent », c'est une IA qui ne se contente pas de répondre : elle agit, elle ouvre des fichiers, elle remplit des formulaires, elle lance des programmes. Pratique. Et un peu flippant quand tu lui laisses les clés de toute la maison.

MXC lui donne une chambre d'amis. Dans le mode le plus strict, l'agent tourne sous son propre compte Windows, avec son propre bureau et son propre presse-papiers, et il ne voit que ce que son règlement autorise. Le règlement est écrit en dehors de l'agent, donc il ne peut pas se donner plus de droits tout seul. Et quand il fait une bêtise, l'historique dit clairement que c'est lui et pas toi. Codex d'OpenAI et GitHub Copilot le gèrent déjà, Claude Code doit suivre.

Dans une maison, un petit robot majordome en tablier travaille sagement à un bureau dans une chambre d'amis séparée du couloir par une paroi vitrée, pendant que le propriétaire passe dans le couloir avec son café, détendu

Une seule clé, l'agent reste à sa place

Ça rejoint ce que fait Apple de son côté, qui va verrouiller l'accès complet au disque à cause des agents IA. Apple et Microsoft arrivent donc à la même conclusion la même semaine : on ne donne pas à un agent l'accès à tout l'ordinateur. Et ça, je dis bravo ! Microsoft précise même que MXC fonctionne sur les PC existants, pas seulement sur les nouvelles machines.

Concrètement, ça change quoi chez toi ?

Imagine ta déclaration d'impôts, tes fiches de paie, les papiers de la maison, les photos des enfants. Aujourd'hui, si tu veux qu'une IA t'aide à trier tout ça, tu l'envoies sur les serveurs d'une entreprise, quelque part. Avec une IA qui tourne sur ton PC, rien ne sort du bureau. Tu peux même débrancher la box internet, ça marche quand même. Dans le train, dans un tunnel, dans le chalet sans réseau.

Et il y a l'argent. Moi qui surveille mon quota de Claude Code toutes les cinq heures comme le lait sur le feu, je vois tout de suite l'intérêt d'une IA qui ne compte rien : tu as payé la machine, et tu t'en sers autant que tu veux.

Dans un compartiment de train qui traverse un tunnel sombre, une femme travaille tranquillement sur son ordinateur portable, une pile de papiers administratifs à côté d'elle, et l'écran affiche une conversation avec un assistant qui lui répond, pendant que son voisin agite son téléphone en l'air pour chercher du réseau

Elle avance sur ses papiers. Lui cherche toujours une barre de réseau

Mais pas tout de suite, et pas pour tout le monde. Le premier prix, c'est 2 599 dollars aux États-Unis pour le Surface Laptop Ultra de Microsoft, et ça grimpe vite quand on ajoute de la mémoire. Il n'y a pas encore de prix officiel en euros, mais avec les taxes européennes, ça ne sera pas moins cher. Les premières machines sortent le 16 octobre, chez Microsoft, Acer, ASUS, Dell, HP, Lenovo, MSI et Gigabyte.

La bonne nouvelle, c'est que ça s'est déjà vu. Quand Apple a sorti ses premières puces maison avec mémoire partagée, en 2020, c'était réservé à quelques modèles. Aujourd'hui, c'est dans tous les Mac, y compris les moins chers. Et les cartes 3D des années 1990, réservées aux joueurs fortunés, sont maintenant dans n'importe quel téléphone. Ce genre de techno descend toujours en gamme. La question, c'est quand : deux ans, quatre ans, personne ne peut te le promettre.

Les petites lignes

Premier point : la puce est construite sur l'architecture ARM, celle des téléphones et des Mac, et pas sur celle des PC Windows habituels. La plupart des vieux logiciels Windows passent par un traducteur, appelé Prism, qui les fait tourner quand même, mais un peu moins vite. Pour les jeux en ligne, c'était le gros point noir : les logiciels anti-triche refusaient de démarrer. Nvidia dit avoir réglé ça avec les éditeurs, et Riot annonce que League of Legends et Valorant fonctionneront. Je demande à voir les premiers tests.

Deuxième point : tous les chiffres de vitesse viennent de Nvidia elle-même, y compris ceux qui la comparent au MacBook Pro. Les vrais tests indépendants arriveront avec les machines, le 16 octobre. Et même le site Engadget, qui a eu le portable de Microsoft en main et le trouve superbe, précise qu'il n'est pas fait pour le grand public mais pour les développeurs d'IA.

Mon avis

Pour moi, c'est l'avenir. Depuis bientôt quatre ans, l'IA vit dans le nuage, chez trois ou quatre entreprises qui fixent les prix, les quotas et les règles pendant que nous on paie la location tous les mois, et là d'un coup on nous dit que l'IA peut revenir sur ton bureau, dans ta machine, avec un règlement qui l'empêche de toucher à tout, et qu'elle marchera encore le jour où ta box tombe en panne. Je signe ! Par contre, à 2 599 dollars le ticket d'entrée, je vais attendre la deuxième génération, comme d'habitude, et je te conseille d'en faire autant.

Et à Apple, qui avait la mémoire partagée et le portable silencieux pour lui tout seul depuis cinq ans : vous avez de la compagnie ! Il serait peut-être temps de baisser le prix de la mémoire sur vos MacBook !

Sources

Article écrit avec l'aide de Claude Code, relu et corrigé par moi.

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