Comment utiliser deux comptes Claude Code sans casser ton workflow ?
Tout s'arrête net. Tu es en plein sprint, l'assistant te réécrit tes fichiers comme un chef, tu as trois fenêtres ouvertes parce que tu sautes d'un projet à l'autre, et là, drame. « Limite d'utilisation atteinte. »
Claude Code, l'outil que j'utilise tous les jours, marche par tranches de cinq heures par semaine. Quand le compteur tombe à zéro, tu peux aller te faire un café, il ne se passera plus rien jusqu'à la remise à zéro. C'est le petit pourcentage que je regarde fondre dans ma statusline, et je t'expliquais ce matin pourquoi cette jauge fond si vite et comment enfin voir où partent tes heures.
La solution évidente, c'est un deuxième abonnement. Le souci, ce n'est pas de payer deux fois. C'est ce qu'on casse en route. Ton assistant, tu l'as dressé : il connaît tes consignes, ton historique, tes outils, tes manies. Si le compte de secours débarque sans tout ça, tu repars de zéro à chaque bascule. Autant dire que tu ne basculeras jamais.
Le mur du quota, version autoroute : tu étais en plein sprint, ça s'est arrêté net
Deux portes, une seule pièce
Le secret tient en une phrase : on garde deux coffres séparés pour les deux identités, mais on les fait ouvrir sur le même contenu.
Ton programme range tout ce que tu as réglé dans un dossier bien précis, et c'est là qu'il cherche son identifiant au démarrage. Le compte de secours aura son propre dossier, donc son propre identifiant, donc son propre budget. Jusque-là, rien à voir, et c'est exactement ce qu'on veut. Ensuite, on pose des raccourcis entre les deux. Pas des copies, des raccourcis. Un raccourci, c'est une porte de plus qui ouvre sur la même pièce : tu n'as pas dédoublé la bibliothèque, tu as juste ajouté une deuxième entrée.
Deux portes dans le même mur, une seule pièce derrière. C'est exactement ça, un raccourci
Résultat : les deux comptes lisent les mêmes consignes, le même historique, les mêmes outils. Rien n'est dupliqué, donc rien ne se dérègle d'un côté quand tu corriges de l'autre. Quand le premier plafonne, tu ouvres le second, il a déjà tout en tête. Pas de reconfiguration, pas de copie qui vieillit mal, rien.
Ce que le raccourci ne transporte pas
Deux choses à dire franchement, parce que c'est là que les tutos font semblant.
La première : ce n'est pas gratuit. Un deuxième compte, c'est un deuxième abonnement. L'astuce ne te donne pas plus d'heures pour le même prix, elle t'évite juste de t'arrêter en plein milieu ou de racheter un mois dans la panique.
La seconde, et c'est la plus vicieuse : ce que tu es en train de faire à l'instant, la conversation en cours, ne vit pas dans ton dossier. Elle vit sur les serveurs de la boîte qui fait tourner Claude Code, et qui te la rend au fur et à mesure. Tes consignes, ton historique, tes outils, eux, sont bien partagés. Mais la discussion de tout à l'heure, celle où tu transpirais sur un bout de code, le compte de secours n'en sait rien. Si tu bascules sans prévenir, il débarque comme un collègue à qui personne n'a passé le dossier.
Le passage de témoin, c'est ce qui manquait. Sans lui, le second part avec un train de retard
La parade est bête à ce point : avant de couper, tu demandes à ton assistant de noter noir sur blanc où il en était, et tu donnes cette note au suivant. Un relais, comme sur une piste. C'est un peu plus long qu'un basculement sec, mais c'est ce qui sépare « je reprends exactement là où j'en étais » de « je repars de zéro en jurant ».
Si tu es développeur
Tu peux sauter cette partie si tu ne touches pas aux réglages de ta machine, l'idée est déjà là. Ici, c'est le mode d'emploi, ligne par ligne, pour Windows.
On part de deux dossiers : le tien, .claude, et celui du compte de secours, .claude-secours. Le fichier qui contient ton identifiant, .credentials.json, reste séparé dans chacun, et c'est lui qui fait les deux budgets. Tout le reste, le cerveau, se partage par des raccourcis.
Premier geste, une fois pour toutes : créer le dossier de secours et poser les raccourcis. Ouvre ton terminal PowerShell et colle ceci.
$sourceBase = "$HOME\.claude"
$targetBase = "$HOME\.claude-secours"
if (-not (Test-Path $targetBase)) {
New-Item -ItemType Directory -Path $targetBase -Force | Out-Null
}
$itemsToLink = @(
"agent-memory", "agents", "commands", "hooks", "plans", "plugins",
"projects", "skills", "startup", "statusline", "templates",
"CLAUDE.md", "LESSONS.md", "WORKFLOW.md", "HISTORY.md", "TODO.md",
"config.json", "settings.json", "settings.local.json", "settings_zai.json"
)
foreach ($item in $itemsToLink) {
$source = Join-Path $sourceBase $item
$target = Join-Path $targetBase $item
if (Test-Path $source -and -not (Test-Path $target)) {
$isDir = (Get-Item $source) -is [System.IO.DirectoryInfo]
$linkType = if ($isDir) { "Junction" } else { "SymbolicLink" }
New-Item -ItemType $linkType -Path $target -Target $source -Force | Out-Null
}
}Deuxième geste : deux commandes, une pour chaque compte. Ouvre ton profil PowerShell avec notepad $PROFILE et ajoute ceci.
# ton instance principale
function claude {
Remove-Item Env:\CLAUDE_CONFIG_DIR -ErrorAction SilentlyContinue
$nativeCommand = (Get-Command claude -CommandType Application, ExternalScript | Select-Object -First 1).Path
& $nativeCommand @args
}
# ton instance de secours
function claude-secours {
$env:CLAUDE_CONFIG_DIR = "$HOME\.claude-secours"
$nativeCommand = (Get-Command claude -CommandType Application, ExternalScript | Select-Object -First 1).Path
& $nativeCommand @args
}Deux interrupteurs pour la même installation : un pour le compte principal, un pour le secours
Ensuite, c'est réglé. Tu tapes claude, tu travailles sur ton compte principal. Le compteur tombe à zéro ? Tu tapes claude-secours login la toute première fois pour lier le second abonnement, puis simplement claude-secours les fois suivantes. Le compte de secours lit tes fichiers partagés instantanément, et tu reprends.
Le réglage qui fait tout, c'est CLAUDE_CONFIG_DIR : il dit au programme dans quel dossier chercher ta configuration. La première commande l'efface, retour au dossier normal. La seconde le pointe vers le dossier de secours. C'est documenté dans la doc officielle.
Deux réserves honnêtes avant de te lancer. Les raccourcis de fichiers demandent le mode développeur ou des droits d'administrateur sous Windows, les raccourcis de dossiers passent sans rien demander. Et ce montage ne transporte pas la conversation en cours, d'où le relais qui suit.
Sous Linux, la même recette, un autre langage
Si tu développes aussi sur un serveur, la logique ne change pas d'un poil. Ce qui change, ce sont les outils : plus de PowerShell ni de jonctions, on passe à un script Bash et à de simples liens symboliques. Et bonne nouvelle, l'histoire des droits d'administrateur disparaît : tu es chez toi dans ton dossier, tu fais ce que tu veux.
Crée un fichier init_claude_secours.sh et colle ceci dedans. Il reprend la même liste que tout à l'heure, plus trois éléments que tu partages sans doute avec ton serveur quand tu fais le va-et-vient entre les deux : tes scripts .ps1 et la liste des machines autorisées.
#!/bin/bash
SOURCE_BASE="$HOME/.claude"
TARGET_BASE="$HOME/.claude-secours"
# Création du répertoire de secours
if [ ! -d "$TARGET_BASE" ]; then
mkdir -p "$TARGET_BASE"
echo -e "\e[36mRépertoire créé : $TARGET_BASE\e[0m"
fi
# Liste stricte des éléments à lier
ITEMS=(
"agent-memory" "agents" "commands" "hooks" "plans" "plugins"
"projects" "skills" "startup" "statusline" "templates"
"CLAUDE.md" "LESSONS.md" "WORKFLOW.md" "HISTORY.md" "TODO.md"
"config.json" "settings.json" "settings.local.json" "settings_zai.json"
"check.ps1" "switch.ps1" "ssh-allowed-hosts.txt"
)
for ITEM in "${ITEMS[@]}"; do
SOURCE_PATH="$SOURCE_BASE/$ITEM"
TARGET_PATH="$TARGET_BASE/$ITEM"
# Si la source existe
if [ -e "$SOURCE_PATH" ]; then
# Si le lien n'existe pas encore dans le secours
if [ ! -e "$TARGET_PATH" ]; then
ln -s "$SOURCE_PATH" "$TARGET_PATH"
echo -e "\e[32mLien créé avec succès : $ITEM\e[0m"
else
echo -e "\e[90mDéjà lié : $ITEM\e[0m"
fi
else
echo -e "\e[33mIgnoré (introuvable dans la source) : $ITEM\e[0m"
fi
done
echo -e "\e[37mSynchronisation Linux terminée.\e[0m"Rends-le exécutable et lance-le :
chmod +x init_claude_secours.sh
./init_claude_secours.shEnsuite, le profil. L'équivalent du $PROFILE de PowerShell, c'est ~/.bashrc, ou ~/.zshrc si tu es en Zsh. Ouvre-le avec nano ~/.bashrc et ajoute ces deux fonctions à la fin.
# Fonction pour le compte Claude principal
claude() {
unset CLAUDE_CONFIG_DIR
command claude "$@"
}
# Fonction pour le compte Claude de secours
claude-secours() {
# L'assignation sur la même ligne limite la variable à l'exécution de cette commande
CLAUDE_CONFIG_DIR="$HOME/.claude-secours" command claude "$@"
}Le command claude joue le même rôle que notre astuce Windows : il vise le binaire d'origine et empêche la fonction de s'appeler elle-même en boucle. Et l'assignation sur la même ligne est maligne, la variable ne vit que le temps de la commande, elle ne reste pas traîner dans ta session. Sauvegarde avec Ctrl+O, Entrée, Ctrl+X, recharge avec source ~/.bashrc, et c'est tout.
L'initialisation ne bouge pas : claude-secours login dans le terminal, tu t'authentifies avec le second compte, et le serveur bascule tout seul sans toucher à tes clés de session principales. Tu te retrouves avec exactement le même comportement sur ton poste Windows et sur ton serveur.
Le passage de témoin, proprement
Quand ta jauge approche les 95 %, ne bascule pas brutalement. Demande d'abord au compte principal de documenter son état. Envoie-lui ça, mot pour mot :
Génère un fichier nommé TRANSFERT_SECOURS.md à la racine de mon projet. Ce fichier doit contenir : le plan d'action global en cours, ce qui a été validé jusqu'à présent, les bugs en cours d'analyse, et la consigne exacte de la prochaine étape que tu t'apprêtais à coder.Puis ferme proprement avec Ctrl+C, ouvre ta nouvelle session avec claude-secours, et donne-lui cet ordre :
Lis attentivement le fichier TRANSFERT_SECOURS.md et exécute la prochaine étape.Le nouveau venu récupère l'intégralité du raisonnement du précédent, et tu reprends ton travail exactement là où tu l'avais laissé. C'est le petit rituel qui transforme un compte de secours en simple prolongement du premier, au lieu d'un étranger.
Pour qui ça vaut le coup
Si tu bricoles quelques heures par semaine pour le plaisir, oublie tout ça. Tu ne tapes jamais le mur, et payer deux abonnements pour ne pas attendre une remise à zéro, c'est du gâchis.
Si tu vis dedans, comme moi avec mes trois fenêtres ouvertes sur trois projets en parallèle, c'est une assurance. Le genre qu'on n'aime pas payer et qu'on est bien content d'avoir le soir où tout s'arrête en plein milieu. Le vrai problème, au fond, ce n'est pas le quota. C'est que j'y passe un peu trop de temps. Mais ça, ma femme l'a déjà dit mieux que moi.
Sources
- Claude Code : variables d'environnement, la doc officielle qui documente
CLAUDE_CONFIG_DIR




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