Investir quand on est particulier ou trader ?

Investir quand on est particulier ou trader ?

Disclaimer

Cet article partage une expérience personnelle et une réflexion philosophique sur la gestion du stress financier. Ce n’est ni un conseil en investissement, ni un tutoriel fiscal ou juridique. Les règles fiscales (TOB, déclarations, plus-values) sont complexes et évolutives : renseignez-vous auprès d’un professionnel. L'objectif ici est d'analyser le coût psychologique du trading face à la sérénité de l'investissement long terme.

Pourquoi l’idée d’investir revient toujours

Beaucoup de particuliers ont eu, tôt ou tard, cette petite voix : « Devrais investir ? Devrais je boursicoter ? »

Parfois, ça part d’une phrase entendue au bon moment. Dans les années 90, un client me disait avec enthousiasme : « Il n’y a rien de mieux que la Bourse ! » — probablement parce qu’il venait de gagner gros. Quoi qu’il en soit, l’idée est restée.

À l’époque, un livret d’épargne rapportait encore “quelques pourcents”. Puis l’euro s’est installé, l’inflation a fait son travail de sape, et une évidence s’est imposée : laisser son argent dormir sans rendement réel, c’est accepter qu’il fonde. La plus grave erreur c'est avoir des milliers d'euro sur un livret et le laisser là !

L’inflation : 100 € restent 100 €… mais ne valent plus 100 €

On entend souvent : « 100 € en 2000 valent 100 € aujourd’hui. » Oui, le billet n’a pas changé… mais le pouvoir d’achat, lui, a fondu.

Un exemple simple : Selon les calculateurs d’inflation, 100 € en 2000 correspondent à environ 175 € en 2025. Autrement dit : le billet est identique, mais ce qu’il permet d’acheter aujourd'hui ressemble davantage à “57 €” d’autrefois. C’est précisément pour ça que “ne rien faire” avec son épargne est souvent la stratégie la plus risquée sur le long terme.

Mon basculement : de la curiosité au piège

Les années ont passé et, vers 2019, j’ai entendu parler de la crypto et surtout de Bitcoin. À une époque où l’idée que “ça ne valait que quelques milliers” circulait encore, je me suis lancé.

Évidemment, la phrase qui vient ensuite est universelle : « J’aurais dû en acheter plus ! » Je me suis inscrit sur Binance, j’ai acheté quelques cryptos “par-ci par-là”, et je suis tombé dans le piège classique : les groupes Telegram, les promesses de “x100”, et une naïveté de débutant. Oui… certains ont fait x100. Mais souvent, c'est vers le bas.

Trading vs Investissement : Le coût caché du stress

C’est ici que la leçon a été la plus dure, mais la plus précieuse. J'ai testé le trading. J'ai vu ce que cela coûte réellement.

Le trading “à l’émotion” (achats impulsifs, surveillance constante des courbes, sorties tardives) a un défaut majeur que personne ne mentionne : il consomme votre bande passante mentale. Gagner 200 € en trading, c'est bien. Mais si cela vous a coûté 20 heures de stress, de réveils nocturnes et d'anxiété, votre taux horaire est désastreux.

Ce n’est pas qu’une impression : l’Autorité des marchés financiers rappelle régulièrement que près de 9 traders particuliers sur 10 sont perdants sur le long terme. Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas des robots.

L’investissement, c’est un autre jeu :

  • Choisir un support solide,

  • Investir régulièrement (DCA: j'explique la méthode plus bas),

  • Accepter les variations sans paniquer,

  • Laisser le temps travailler pour soi.

L’or : Un rappel brutal de ce que le temps peut faire

Prenons l’or. Début 2026, l’once a touché des sommets historiques, dépassant parfois les 5 500 $ avec une volatilité extrême.

Le trader qui achète en haut de la vague ne dort plus la nuit. L'investisseur qui achète un peu tous les mois depuis des années, lui, regarde la courbe avec détachement. La tendance historique reste impressionnante. Ceux qui ont investi régulièrement, petit montant par petit montant, sans regarder le prix chaque matin, ont acheté la chose la plus précieuse : du temps.

La jungle administrative (et pourquoi la fuir)

Très vite, la crypto a imposé un réflexe absurde : s’inscrire sur une multitude de plateformes. Résultat : des procédures de vérification (KYC) partout, des selfies avec sa carte d’identité, et une dispersion totale.

Puis vient la réalité administrative, notamment en Belgique. À force d’ouvrir des comptes sur des plateformes exotiques ou étrangères, on se retrouve avec une complexité fiscale ingérable (déclaration au Point de Contact Central, TOB à vérifier, calcul des plus-values...).

C’est l’opposé de la paix mentale. À vouloir optimiser chaque centime sur des plateformes obscures, on se crée une charge mentale qui annule le plaisir du gain.

La méthode reine : Le DCA (et sa version "intelligente")

Une bonne manière d'investir sans stress est d'appliquer le DCA (Dollar Cost Averaging). C'est une méthode simple : vous achetez régulièrement une somme fixe (par exemple chaque fin de mois), sans regarder le prix.

Cependant, selon l'actif, on peut affiner la stratégie :

1. Pour l'Or : Le DCA classique L'or a une tendance haussière sur le très long terme. Il ne sert souvent à rien d'attendre "que ça chute" pour acheter, car on ne sait pas si cela va chuter un jour. Si vous attendez trop, vous risquez de regarder le train passer alors que l'or double ou triple de valeur dans les 10 ou 20 ans à venir.

La stratégie : On achète un petit peu chaque mois, quel que soit le prix. C'est la régularité qui paie.

2. Pour le Bitcoin : Le "DCA Intelligent" Le Bitcoin est différent : ses cycles sont violents, avec des montées gigantesques et des descentes parfois monstrueuses. Prenons la situation actuelle : le Bitcoin a atteint un sommet historique à 120 000 $ et navigue aujourd'hui autour de 68 000 $. C'est une baisse de près de 40 %.

  • Faut-il avoir peur ? Historiquement, le Bitcoin a connu des chutes de -80 %. Mais aujourd'hui, avec l'adoption par des institutionnels et même certains États, une chute aussi profonde semble moins probable.

  • L'approche intelligente : Au lieu d'acheter aveuglément au sommet, on profite de ces corrections (-50 %, -60 %) pour accumuler.

  • L'astuce : Plus ça descend, plus vous achetez. Si vous le pouvez, augmentez la mise à chaque palier de baisse. Cela permet de faire baisser drastiquement votre "prix moyen d'achat" (PRU). Quand le marché repartira, vous serez gagnant bien plus vite. 

Et pour vendre ? La sortie en douceur

Savoir acheter est une chose, savoir vendre en est une autre. Beaucoup ne vendent pas et attendent le sommet du sommet mais c'est une grave erreur. La méthode de vente est identique à l'achat en DCA, mais inversée.

À un moment donné, le marché s'emballe. Quand tout le monde en parle et que vous vous dites "Ouille ! Ça monte vraiment fort !", c'est souvent le signal pour commencer à prendre des bénéfices. Ne vendez pas tout d'un coup. Vendez par paliers, en montant :

  • Vendez pour 100 € de gains.

  • Si ça continue de monter, vendez pour 200 €.

  • Puis 300 €, etc.

C'est la clé de la paix mentale : on achète quand tout le monde a peur (DCA intelligent), et on revend doucement quand tout le monde est euphorique.

L'exemple des Pommes : Comprendre la magie du DCA

Imaginez que vous adorez les pommes. Vous décidez d'en acheter pour 120 € chaque année, quel que soit le prix.

  • Année 1 : Les pommes coûtent 10 € le kilo. Avec vos 120 €, vous achetez 12 kilos.

  • Année 2 : Le prix baisse à 8 € le kilo. (Les gens paniquent, mais vous, vous êtes content). Avec vos 120 €, vous achetez 15 kilos.

  • Année 3 : Le prix s'effondre à 6 € le kilo. (C'est la crise !). Avec vos 120 €, vous achetez 20 kilos.

Le bilan au moment de la remontée : L'année suivante, le prix remonte à son niveau initial de 10 €. Si vous aviez tout acheté au début (au "prix fort"), vous auriez simplement récupéré votre mise. 0 € de gain.

Mais grâce au DCA, regardons ce que vous possédez :

  • Vous avez dépensé au total : 360 € (3 x 120 €).

  • Vous possédez au total : 47 kilos de pommes (12 + 15 + 20).

  • Votre stock vaut maintenant : 47 kilos x 10 € = 470 €.

Résultat : Le prix est simplement revenu à son point de départ, mais vous avez gagné 110 € de bénéfice. Pourquoi ? Parce que vous avez transformé la baisse en opportunité pour faire diminuer votre "prix moyen d'achat" (qui est ici descendu à 7,66 €/kg).

C'est ça, la puissance du DCA : mathématiquement, une baisse temporaire devient votre alliée.

Le secret mathématique : Gagner même sans revenir au sommet

Vous vous demandez peut-être : "Et si ça continue de chuter encore et encore ? Est-ce que je suis obligé d'attendre que le prix remonte à 10 € pour m'en sortir ?"

La réponse est non. Et c'est là que la magie opère. Reprenons nos pommes avec une chute encore plus violente, toujours avec 120 € d'investissement par an :

  • Année 1 : Prix à 10 € -> Vous avez 12 kg.

  • Année 2 : Le prix s'effondre à 5 € -> Vous achetez 24 kg.

  • Année 3 : Le prix touche le fond à 2 € -> Vous achetez 60 kg (énorme quantité !).

Faisons les comptes :

  • Vous avez dépensé au total : 360 €.

  • Vous possédez un stock énorme de : 96 kg de pommes (12 + 24 + 60).

Le miracle de la moyenne : Si on divise votre dépense (360 €) par votre stock (96 kg), votre prix de revient moyen est de seulement 3,75 € le kilo.

Conclusion : Le marché n'a même pas besoin de remonter à 10 €. Ni même à 5 €. Dès que le prix des pommes remonte à 4 € (ce qui reste très bas par rapport au début !), vous êtes déjà en bénéfice.

  • À 4 € le kilo, votre stock de 96 kg vaut 384 €.

  • Vous avez investi 360 €.

  • Vous avez gagné de l'argent alors que le prix est toujours 60 % plus bas qu'au début.

C'est pour cela que le DCA apaise l'esprit : plus ça baisse, plus votre "point de victoire" baisse aussi.

⚠️ La seule condition vitale : Cette mécanique fonctionne uniquement si vous achetez un actif qui ne va pas mourir (ne pas faire ça sur une entreprise en faillite ou une crypto "shit coin"). Si vous le faites sur le Bitcoin, l'Or ou le S&P 500, c'est mathématiquement imparable sur le long terme.

Investir sans s’étouffer

Les années passent et une conclusion revient comme un boomerang : Investir régulièrement sur un produit solide bat très souvent l’agitation du trading.

Bien sûr, investir n’est jamais “sans risque”. Mais il existe des manières de limiter ce risque, notamment via la diversification l'or, le Bitcoin, des indices larges (comme le S&P 500). C’est un mécanisme "auto-nettoyant" : si une entreprise faiblit, elle sort de l'indice. Si une nouvelle étoile monte (comme NVIDIA qui a explosé ces dernières années), elle tire l'indice vers le haut. Vous n'avez pas besoin de deviner le gagnant, vous achetez tout le panier.

Conclusion : Investir, c’est choisir la paix

Le trading promet l’adrénaline et finit souvent en stress. L’investissement construit quelque chose de durable.

Investir vaut mieux que “boursicoter”. Et investir régulièrement vaut mieux que laisser dormir son argent sur un livret qui se fait grignoter par l’inflation. Surtout, aujourd’hui, c’est devenu simple. On n’est plus obligé d’aller dans les grands bâtiments de la Bourse en criant. Un téléphone, une application fiable, et c’est fait.

Un outil pratique pour certains : Revolut. La société communique sur son statut de banque licenciée (UE), ce qui simplifie grandement l'accès. Elle permet surtout de mettre en place des achats récurrents automatiques. C'est la clé : transformer l’investissement en routine invisible pour éviter que les émotions ne s'en mêlent.

Tiens mon lien de reférence si vous voulez vous faire plaisir et me soutenir: https://revolut.com

Conclusion:

Investir, c’est finalement une forme de protection :

  • Contre l’inflation,

  • Contre le bruit des influenceurs,

  • Contre la course permanente à “l’opportunité du jour”,

  • Contre le stress et l'anxiété.

La vraie richesse, ce n'est pas le x100. C'est avoir la paix !

 

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