Windows laisse enfin désinstaller son IA, et il y a un bouton pour ça
Fin juillet, Microsoft a publié une mise à jour de Windows 11, la KB5101684, qui arrive chez tout le monde le 11 août. Elle contient une nouveauté que je n'attendais franchement plus. Sur les PC équipés d'une puce dédiée à l'IA, tu peux maintenant désinstaller les modèles d'intelligence artificielle. Pour de vrai. Avec un bouton dans les réglages.
Pendant deux ans, ces composants sont arrivés tout seuls par Windows Update. Ils se sont installés sans rien demander et occupaient plusieurs gigaoctets, souvent pour des fonctions que personne n'ouvrait. Maintenant, on peut les virer.
Ce qu'il y a à virer, et ce que ça pèse
Un PC estampillé Copilot+ embarque quatre composants d'IA. Ils tournent directement sur la machine, sans passer par internet. Le plus gros s'appelle Phi Silica. C'est un petit modèle de langage local, chargé de traiter et de générer du texte. À lui seul, il occupe plus de 2,5 gigaoctets. Les trois autres composants travaillent sur les images. Le premier en crée à partir d'une description. Le deuxième analyse celles que tu lui donnes. Le troisième efface un objet sur une photo et reconstitue le fond.
Sortir la grosse caisse pour que la valise ferme enfin. C'est exactement ça.
Le modèle qui génère les images est le plus vorace. Microsoft indique lui-même qu'il pèse plusieurs gigaoctets et qu'il se télécharge en tâche de fond. Autrement dit, il arrive sans que tu le voies passer, parfois sur une machine dont le disque ne fait que 256 gigaoctets. Sur un portable d'entrée de gamme, ça se sent.
Comment on fait
Le chemin est simple. Un nouveau menu est apparu dans les réglages :
Paramètres > Système > Composants IA
Settings > System > AI ComponentsTu y trouves la liste des composants, avec un bouton de désinstallation sous chacun d'eux. La suppression se termine au redémarrage suivant. Si tu changes d'avis, Windows retéléchargera le composant. La porte ne se ferme pas, tu récupères simplement de la place en attendant.
Petite réserve, parce que le bouton ne fait pas encore tout. Pour l'instant, le composant de génération d'images est le plus facile à supprimer, et seulement s'il est déjà installé. Les autres suivront. Si tu n'as pas de PC Copilot+, tu n'es pas concerné. Ces modèles ne s'installent que sur les machines équipées de la puce nécessaire pour les faire tourner.
Le reste de la mise à jour, avec une vraie perle
Le bouton consacré à l'IA fait les gros titres. Pourtant, la mise à jour corrige aussi des irritants quotidiens qui traînaient depuis bien plus longtemps.
La meilleure correction concerne l'explorateur de fichiers. Jusqu'ici, il affichait toutes les tailles en kilooctets. Toutes. Un film de deux heures pouvait donc s'afficher tranquillement à 4 812 736 Ko. À toi de compter les chiffres avec le doigt sur l'écran.
L'explorateur de Windows, ces dernières années. Techniquement exact, humainement inutilisable.
Désormais, chaque fichier s'affiche dans l'unité adaptée, en kilooctets, en mégaoctets ou en gigaoctets. Ça n'a l'air de rien. C'est pourtant la correction que j'attendais le plus.
La mise à jour ajoute aussi trois fonctions utiles au quotidien :
- La recherche démarre dès que tu tapes deux caractères et pardonne les fautes de frappe. Jusqu'ici, il fallait parfois réussir à écrire parfaitement le nom d'une application pour la retrouver. Pratique, surtout quand on la cherche justement parce qu'on ne se souvient plus de son nom.
- Un clic du milieu sur un dossier dans la barre d'adresse l'ouvre dans un nouvel onglet. C'est le geste que tout le monde fait dans son navigateur depuis quinze ans. Windows vient de recevoir le mémo.
- La vitesse de défilement et de zoom du pavé tactile devient réglable. Un défilement accéléré est aussi proposé en option, dans
Paramètres > Bluetooth et appareils > Pavé tactile.
La mise à jour ajoute également une isolation de la voix pour la commande vocale. Elle filtre le bruit et les conversations autour de toi. La reconnaissance sécurisée des empreintes digitales accepte enfin les lecteurs externes. Rien de spectaculaire. Juste des choses enfin réparées.
Concrètement, ça change quoi pour toi
Deux choses très concrètes, puis une troisième qui compte davantage que les deux autres.
1. Tu récupères de la place, et tu sais laquelle
Si ton portable rame parce que son disque est plein à 95 pour cent, quelques gigaoctets récupérés ne sont pas un détail. Beaucoup de machines sont vendues avec seulement 256 gigaoctets. Cette place libérée peut faire la différence entre un Windows qui respire et un Windows qui rame. Pour une fois, tu vois aussi exactement ce que tu supprimes. Pas besoin de lancer un nettoyeur de disque douteux qui promet des miracles.
2. Ce qui ne tourne pas ne consomme rien
Ces modèles s'exécutent sur ta machine, pas dans un centre de données lointain. C'est une bonne nouvelle pour ta vie privée, mais moins pour ta batterie et la température du clavier. Si tu n'as jamais utilisé la génération d'images intégrée, tu ne perds rien en la désinstallant. Et soyons honnêtes, qui s'en est servi ?
3. Le principe compte plus que le gigaoctet
C'est le vrai sujet. Depuis deux ans, l'IA s'installe dans les appareils sans demander la permission. Elle arrive dans le téléphone, la télévision, la suite bureautique et le navigateur. Elle est activée par défaut, impossible à désinstaller, puis présentée comme un progrès qu'on serait idiot de refuser.
Six appareils bourrés d'IA, un seul avec un interrupteur. On part de loin.
Cette fois, l'un des plus gros éditeurs du monde admet qu'un utilisateur peut vouloir dire non. Surtout, il lui donne le bouton pour le faire. Ça paraît minuscule. C'est pourtant le premier vrai retour en arrière depuis le début de cette histoire. J'espère que d'autres vont copier.
Ce que j'en pense
Je vais quand même mettre un bémol. Permettre de désinstaller un composant que personne n'a demandé, c'est réparer poliment un problème qu'on a soi-même créé. Le bon choix aurait été de demander avant l'installation. Se réjouir d'avoir une porte de sortie, c'est déjà accepter qu'on nous ait fait entrer de force.
Cela dit, je prends. Surtout parce que les nouveautés qui me réjouissent vraiment n'ont rien à voir avec l'IA. Des tailles de fichiers lisibles, une recherche qui pardonne une faute de frappe et un clic du milieu qui ouvre un onglet. Trois corrections attendues depuis des années et qui, elles, ne mangent pas 2,5 gigaoctets.



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