ClaudeClaw - Utiliser Claude comme OpenClaw

 

ClaudClaw : j'ai transformé mon abonnement Claude en une flotte d'agents qui bossent pour moi 24/24

J'utilisais un outil tout-prêt pour mes agents IA: OpenClaw. Pratique, mais figé : une boîte fermée où l'on ne peut guère
qu'« ajouter un agent » de plus. Puis j'ai découvert le Claude Agent SDK. Et là, tout a changé : je ne configure plus un produit, je construis le mien — brique par brique — et je le pilote depuis Telegram, en tête-à-tête, comme on chatte avec un ami très compétent qui ne dort jamais.


Le déclic : produit fermé contre boîte de Lego

Les solutions clés en main pour « agents IA » sont séduisantes : on installe, on clique, ça marche. Mais au bout de quelques jours, on tape contre les murs. On veut brancher cette API précise, ajouter cet outil maison, déclencher une routine à 6 h du matin, ou simplement comprendre ce qui se passe sous le capot… et on ne peut pas. L'outil est fini. Il fait ce pour quoi il a été conçu, ni plus, ni moins.

Avec OpenClaw, j’avais aussi un autre souci : il oubliait. Que ce soit après un redémarrage ou une mise à jour, certains agents qui fonctionnaient pourtant très bien ne répondaient plus. C’était la galère… Je devais à chaque fois lui demander, via Telegram ou son interface : « Qu’est-ce qui se passe ? » et souvent ouvrir une commande ssh pour corriger et redemarrer OpenClaw.

Deuxième point : l’utilisation d’une API payante. J’utilisais OpenAI Codex sous OpenClaw, mais j’avais déjà un abonnement Claude Max. Or, depuis le début de l’année 2026, il n’est plus possible d’utiliser un abonnement Claude avec OpenClaw. Cela représentait donc un coût supplémentaire.

Troisième point : j’aime Claude ! Je le trouve intelligent, fluide, et pour le code, je pense qu’il n’y a pas mieux.

J’attendais avec impatience une sorte d’OpenClaw à la sauce Claude, mais ce que j’ai découvert va mille fois plus loin que ce qu’OpenClaw peut proposer.

Claude Agent SDK prend le problème à l’envers. Au lieu de proposer un produit clé en main, il vous donne le moteur de Claude Code : le même qui lit vos fichiers, exécute du code et navigue sur le Web. Ensuite, il vous laisse l’habiller comme vous voulez.

C’est un peu la différence entre acheter une maquette déjà assemblée en usine… et recevoir un sac de briques.

J’ai donc créé mon propre OpenClaw, que j’ai appelé ClaudClaw. J’utiliserai désormais ce nom pour désigner mon propre outil basé sur Claude Agent SDK.

« Un outil prêt-à-l'emploi vous fait gagner une journée. Un SDK ouvert vous fait gagner une plateforme. »

L'idée, en une phrase

Imaginez la puissance d'un assistant de développement de pointe — celui qui ouvre un terminal, écrit du code, lit vos documents, cherche sur le web — mais qui vit dans le cloud, ne s'éteint jamais, et à qui vous parlez depuis votre téléphone. Vous lui écrivez (ou vous lui parlez, on y reviendra), il réfléchit, agit, et vous répond. Pendant que vous dormez, certains de ses agents travaillent déjà.

Tout-prêt contre sur-mesure

Soyons honnêtes : un outil clé en main, c'est parfait pour démarrer en cinq minutes. Mais voici ce qui se passe quand vos besoins grandissent :

 Outil clé en main (OpenClaw, Hermes)Claude Agent SDK
DémarrageImmédiatUn peu de montage
PersonnalisationOn « ajoute des agents », c'est toutBrique par brique, sans limite
Outils maison / APICe que l'éditeur a prévuLes vôtres, via MCP
Plugins / SkillsUne partie chez l'éditeur sans code sourceVous créez vos propres plugins de zéro
Coût du « cerveau »Souvent l'API facturée au tokenVotre abonnement Claude réutilisé
(* Ici un bémol à partir du 15/06/26)
ÉvolutionOn attend la prochaine versionL'agent édite son propre code à la demande

Aucun procès en sorcellerie : les produits fermés ont leur place. Mais quand on veut une plateforme à soi, qui grandit avec ses idées, le SDK gagne sur tous les axes qui comptent dans la durée.

 

J’ai donc commencé par installer Claude Code sur mon serveur Linux, en root. Je sais, ce n’est pas idéal, mais je voulais qu’il puisse installer le SDK Claude Agent SDK, ainsi que tous les outils dont il avait besoin. Il ne faut évidemment pas oublier de retirer ensuite les droits root.

J’ai ensuite demandé à Claude Code d’installer Claude Agent SDK et de créer un hub central capable de recevoir les messages Telegram. Pour cela, j’ai créé un nouveau bot via BotFather.

Automatiquement, Claude Agent SDK a su retrouver mon abonnement Claude Code grâce au fichier ~/.claude/credentials.json. À partir de ce moment-là, je pouvais déjà envoyer un message Telegram à Claude Agent SDK via mon hub. Celui-ci l’avait créé lui-même, et je pouvais désormais télécommander via Telegram tout ce que je voulais.

J’ai ensuite enrichi ce hub central, brique par brique, afin d’ajouter de nouvelles commandes :Un extrait des commandes que j'ai ajouté brique par brique via telegram (désolé pour les non francophones)

Voici un exemple avec l’agent Météo, qui m’envoie tous les jours à 8 h du matin une image créée par un script Python, à partir des informations météo récoltées sur deux sites :

Gros avantage : votre abonnement Claude, pas l'API...enfin pour l'instant

Voici l'argument qui, à lui seul, m'a convaincu. La plupart des frameworks d'agents consomment l'API de leur fournisseur : chaque mot envoyé ou reçu se paie au compteur. Pour un assistant qui tourne en continu, la facture grimpe vite.

Le Claude Agent SDK, lui, sait réutiliser votre abonnement Claude (Pro, Max ou Ultra) déjà payé. Techniquement, il s'appuie sur l'authentification du client officiel claude déjà présent sur la machine : aucune clé API à coller, aucun token facturé à la pièce. Côté SDK, la source de clé API est tout simplement… aucune — l'agent emprunte vos identifiants d'abonnement, comme le ferait Claude Code sur votre poste.

💡 En clair

Votre flotte d'agents tourne sur le forfait que vous payez déjà chaque mois. Pas de double facture, pas de mauvaise surprise au token. Le coût marginal d'une routine quotidienne ? Quasi nul.

Pourquoi un VPS ? Parce qu'un assistant qui dort ne sert à rien

Un VPS est un petit serveur loué dans le cloud, à vous, allumé 24 h/24. C'est le socle idéal de ClaudClaw, une petite machine avec 8GB RAM sur Hostinger.com fera l'affaire:

  • ⏱️Toujours en ligne. Les routines de 6 h du matin se déclenchent même si votre laptop est fermé.
  • 📌Adresse stable. Webhooks, e-mails, API tierces : tout pointe vers un point fixe et fiable.
  • 🔧Vous êtes maître à bord. Accès complet à la machine : vous installez ce que vous voulez.
  • 🔁Redémarrage propre. Géré comme un service système, l'agent repart tout seul après un reboot — et reprend ses conversations là où il les avait laissées.
  • 🛡️Vos données restent chez vous. Pas d'intermédiaire : le code et l'historique vivent sur votre serveur.

Sous le capot demon ClaudClaw : l'architecture en un coup d'œil

Rien de sorcier. Un seul programme tourne en permanence et fait le pont entre Telegram et les agents. Voici le flux :

💬
Telegram
vous, en privé
🧠
ClaudClaw
(HUB Python)
le chef d'orchestre
🤖
Agent Claude
1 par agent
MCP
~16 outils maison
(notifs, e-mails, images, trading…)
Planificateur
tâches cron persistantes
(les agents travaillent seuls)
Claude Agent SDK
le « cerveau », votre abonnement Claude
sans clé API facturée

Concrètement : un processus unique reçoit vos messages Telegram, les route vers le bon agent (chaque agent a sa propre session Claude), et expose en plus des outils maison et un planificateur. Le tout adossé à votre abonnement.

Brique #1 — Créer des agents (chacun son métier, chacun sa mémoire)

Dans mon ClaudClaw, un agent n'est pas un simple « profil ». C'est une entité avec : un rôle (sa mission), un répertoire de travail isolé (son bureau, qu'il ne partage avec personne), et une mémoire à plusieurs étages (il utilise SqlLite). On en crée autant qu'on veut : un agent « secrétaire » pour les e-mails, un agent « météo », un agent « veille marché », un agent « rédacteur »… Chacun reste dans son couloir.

La mémoire en poupées russes (4 niveaux)

C’est l’un de mes détails préférés.

Il fallait qu’à chaque redémarrage de mon serveur, ou à chaque mise à jour d’un agent, celui-ci ne perde pas le fil de ses idées. Plus important encore, il me fallait une mémoire globale, partagée par tous les agents, avec des directives claires comme : « ne lis pas les fichiers secrets .env » ou encore « réponds-moi toujours en français ».

Ce sont des directives globales que tous les agents, existants comme futurs, doivent connaître.

Mais il fallait aussi que chaque agent dispose de sa propre mémoire, en plus de cette mémoire globale, avec un rôle bien défini pour accomplir son travail correctement.

Pour cela, j’ai ajouté à mon hub une mémoire globale, stockée dans un simple fichier GLOBAL.md, ainsi qu’une mémoire individuelle pour chaque agent, enregistrée dans une base de données SQLite. Ces mémoires individuelles ne sont pas partagées entre les agents.

1
Instructions de base — GLOBAL.md - le socle commun : qui il est, comment se comporter, parler français (anglais, ...), aller à l'essentiel.
2
Directives globales — agent_manager.py (fichier python) - vos règles d'or, valables pour tous les agents (un fichier commun que vous éditez à la volée qui bloque complètement la lecture de fichiers secrets)
3
Le rôle de l'agent — "Rôle" dans une table SqlLite - sa mission propre : « tu es mon assistant e-mails », « tu es mon analyste météo »…
4
Sa mémoire persistante — "Mémoire" dans une table SqlLite - ses notes durables : faits, préférences, consignes apprises au fil du temps.
Et la conversation ? Elle vit à part, dans la session de l'agent — et elle est reprise automatiquement après chaque redémarrage. Mieux : les 4 niveaux ci-dessus sont immunisés contre la compaction de l'historique. Autrement dit, on peut « nettoyer » une discussion devenue trop longue sans jamais perdre l'identité ni les consignes de l'agent.

Brique #2 — La pleine puissance de Claude Code, dans votre poche

Chaque agent hérite des outils intégrés de Claude Code, auto-autorisés : il peut ouvrir un terminal, lire et écrire des fichiers, chercher dans le code, naviguer le web et exécuter du code. Ce n'est pas un chatbot qui « cause » : c'est un collègue qui fait.

Quand je tape /new agent, je dois lui donner un nom et un rôle. Ces informations sont ensuite sauvegardées dans une table SQLite pour ce nouvel agent.

Ensuite, toujours via Telegram, je peux par exemple lui demander d’écrire un script Python qui lit mon agenda du jour et du lendemain, puis me l’envoie sur Telegram tous les jours à 8 h du matin.

La commande est alors envoyée à mon hub ClaudClaw, qui utilise Claude Agent SDK, le moteur de Claude Code sans interface, pour me créer l’agent de A à Z.

Je ne vous raconte pas la différence de qualité entre l’agent final obtenu ainsi et ce que je connaissais avec OpenClaw !

Résultat : je peux créer à l’infini des agents autonomes, spécialisés, et qui n’oublient jamais.

J’ai enrichi mon ClaudClaw, brique par brique, en y ajoutant de nouvelles options :

🛠️ Il agit

Bash, lecture/écriture de fichiers, recherche, web, exécution de scripts… Donnez-lui une tâche concrète, il l'accomplit de bout en bout.

👁️ Il lit ce que vous lui envoyez

Envoyez une photo (il la décrit, l'OCRise), un PDF, un Word ou un Excel — il en extrait le contenu et l'exploite.

🎙️ Il vous écoute

Un message vocal ? Il est transcrit puis traité comme du texte. On parle à son assistant, plus besoin de taper.

🖼️ Il vous répond en images

Il peut générer une figure, une carte, un graphique (PNG) et vous l'envoyer directement sur Telegram.

Brique #3 — Vos propres super-pouvoirs, via MCP

Voici le cœur du « sur-mesure ». Le MCP (Model Context Protocol) est un standard qui permet de donner de nouveaux outils à l'agent. ClaudClaw embarque son propre serveur MCP interne qui expose une quinzaine d'outils maison. Quelques exemples bien concrets :

notif Vous envoyer un message proactif sur Telegram
image Vous envoyer une figure / carte PNG
cron Planifier / lister / annuler une tâche
mail Lire les e-mails récents (en lecture seule)
marché Consulter un solde / des cours
ordre Passer un ordre — sous confirmation
maj Se redémarrer après une modif de code
rollback Revenir à la version précédente

Ajouter un outil, c'est écrire une petite fonction Python et la déclarer : l'agent la « voit » aussitôt et sait s'en servir. C'est exactement ça, construire brique par brique.

🔌 Et ce n'est que le début : les serveurs MCP tiers

Au-delà de vos outils maison, vous pouvez brancher des serveurs MCP externes déjà tout faits pour démultiplier les capacités :

📧 Gmail📅 Google Calendar📁 Google Drive🗂️ Notion🐙 GitHub🗄️ Bases de données… et bien d'autres

Brique #4 — Des agents qui travaillent tout seuls (le cron)

C'est ici que mon ClaudClaw cesse d'être un chatbot pour devenir un véritable majordome numérique. Un planificateur intégré (avec des tâches persistantes, qui survivent aux redémarrages, au bon fuseau horaire) déclenche un agent à l'heure dite. À l'échéance, il lui glisse une consigne, récupère le résultat, et vous le pousse directement sur Telegram. Vous n'avez rien à faire : ça arrive, c'est tout.

🕗 8 h
déclenchement
🤖 l'agent
fait le travail
📲 résultat
sur Telegram
☕ vous,
en sirotant un café

Quelques routines que l'on met en place en deux minutes :

🌤️ La météo du matin, illustrée
tous les jours, 8 h

Un agent météo agrège plusieurs modèles de prévision, génère un beau visuel (température, soleil, pluie, lever/coucher) et vous l'envoie en image. Plus besoin d'ouvrir une appli.

📧 Le tri des e-mails
chaque nuit

L'agent secrétaire parcourt votre boîte, résume ce qui compte, repère l'urgent, et vous présente au réveil un digest clair — voire des brouillons de réponse prêts à relire.

📅 Le brief de la journée
7 h 30

Connecté à votre agenda, il vous récapitule la journée : rendez-vous, conflits d'horaires, temps de trajet, « n'oublie pas d'appeler X ». Un vrai compte-rendu, pas une liste brute.

📊 Et tout le reste
à la demande

Veille concurrentielle, rapport hebdomadaire, surveillance d'un site, sauvegardes, rappel d'anniversaires… Si vous savez le décrire, vous pouvez le planifier.

Brique #5 — La sécurité, celle qu'on oublie toujours

Donner un terminal à une IA, ça fait réfléchir.

Pour ma part, j’ai créé sur mon serveur Linux un répertoire appelé /secret. Dans ce dossier, je place tous les fichiers contenant un mot de passe, une clé API, un certificat ou toute autre information sensible.

J’interdis ensuite à Claude Agent SDK de lire ces fichiers, qui se terminent toujours par l’extension .env. Par exemple, j’ai un fichier openai.env qui contient la clé OpenAI utilisée pour le modèle TTS, ainsi qu’un fichier gmail_token.env qui contient les données nécessaires pour accéder à mon compte Gmail.

J’ai également demandé à Claude Agent SDK, dans sa mémoire, de ne jamais lire ces fichiers afin qu’il n’accède pas directement à mes mots de passe, clés API ou autres secrets. En revanche, il peut les utiliser comme références dans les scripts Python qu’il crée, par exemple en lisant une variable comme OPENAI_API_KEY.

De cette manière, il ne lit jamais directement la valeur de mes secrets, et ces informations ne sont jamais envoyées vers les serveurs d’Anthropic.

🔐 Les secrets sont intouchables

Un filtre bloque tout accès aux fichiers sensibles (clés, jetons, mots de passe, configuration secrète). L'agent peut tout faire… sauf lire ce qu'il ne doit pas.

✋ Les actions sensibles demandent un feu vert

Passer un ordre réel ? L'agent s'arrête et vous demande confirmation par un bouton Telegram, avec des plafonds stricts et une trace de chaque décision.

👤 Conversation strictement privée

Le bot n'obéit qu'à vous, en tête-à-tête. Pas de groupe, pas d'inconnu : la flotte est cloisonnée par utilisateur.

📝 Tout est journalisé

Les décisions sensibles laissent une trace auditable. On sait qui a demandé quoi, et ce qui a été autorisé ou bloqué.

Le bouquet final : l'agent qui s'améliore lui-même

Voici le moment où la boucle se referme et où l'on sourit bêtement devant son écran. Comme mon HUB ClaudClaw est du code, et que l'agent sait coder… l'agent peut modifier son propre code. Vous lui décrivez une amélioration depuis Telegram ; il édite les fichiers, vérifie que tout s'importe correctement (anti-plantage), enregistre la version dans Git, puis se redémarre tout seul avec la nouvelle fonctionnalité. Et si quelque chose cloche ? Un retour arrière le ramène à la version précédente.

🚀 Concrètement : « Ajoute-moi une commande pour résumer un PDF » — quelques minutes plus tard, l'agent redémarre, et la commande existe. L'outil grandit pendant que vous l'utilisez.

Autre point important : chaque agent créé possède son propre répertoire, avec son propre dépôt Git. Cela permet de versionner son travail et de revenir facilement en arrière en cas d’erreur.

En conclusion, je n’ai pas de code source à vous fournir pour le moment, mais cet article vous donne les grandes lignes d’une approche qui dépasse, selon moi, très largement OpenClaw ou Hermes.

Évidemment, ce n’est pas destiné aux non-programmeurs. Il faut avoir quelques bases en programmation et être capable de guider Claude Agent SDK pour créer ce hub central, que j’ai appelé ClaudClaw.

J’espère que cet article vous donnera envie de vous lancer. Franchement, pour moi, il n’y a pas mieux actuellement.

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