macOS 27 Golden Gate est sorti, et c'est la fin des Mac Intel

Lundi 14 septembre, Apple a mis en ligne macOS 27, baptisé Golden Gate, après trois mois de bêta. Une nouvelle Siri, quelques retouches de design, et une première depuis vingt ans qui ne fait aucun bruit dans les communiqués : plus aucun Mac à processeur Intel ne peut l'installer. Pas quelques modèles en fin de vie, tous. La machine sur laquelle vous êtes peut-être en train de lire ces lignes est concernée, et elle ne va pas s'arrêter pour autant.

Deux ordinateurs portables vus de profil, l'ancien épais à gauche et le récent très fin à droite

À gauche, le Mac Intel, à droite, la puce Apple. Entre les deux, vingt ans de compatibilité qui viennent de se refermer

Quatre machines étaient encore dans la course et perdent l'accès ici : le Mac Pro de 2019, le MacBook Pro 16 pouces de 2019, le MacBook Pro 13 pouces de 2020 en version quatre ports Thunderbolt, et l'iMac 27 pouces de 2020. Apple avait prévenu l'an dernier : macOS 26 serait le dernier système compatible avec les processeurs Intel. C'est fait, la promesse est tenue, et pour eux le rideau est baissé.

Maintenant, la bonne nouvelle, et elle est plus grosse qu'elle en a l'air : trois ans. C'est ce qu'Apple a annoncé à la WWDC : macOS 26 continuera de recevoir des correctifs de sécurité sur ces machines pendant trois ans, jusque vers la fin 2028. Trois ans de rustines pour les failles, donc, sans la moindre nouveauté. Votre Mac Intel ne va pas devenir une brique le mois prochain, il va devenir une machine figée. C'est très différent, et ça laisse le temps de voir venir.

Ce qui change tout de suite, en revanche, c'est Rosetta. Si le mot ne vous dit rien : au moment où Apple est passé des processeurs Intel aux puces maison, les deux ne parlaient pas la même langue, et les applications écrites pour les anciens ne démarraient plus sur les nouveaux. Rosetta 2 est le traducteur qu'Apple a glissé dans le système pour rattraper le coup. Il tourne à la demande, vous ne le voyez jamais, et il fait tourner des logiciels qui n'ont jamais été réécrits.

Golden Gate est la dernière version de macOS à l'embarquer en entier. Avec macOS 28, la plus grosse partie de ce traducteur disparaîtra, ne restera que le strict nécessaire pour quelques jeux et quelques outils. Traduction pour vous : les applications un peu anciennes qui fonctionnent encore très bien sur votre Mac à puce M1 ou M2 ont environ un an pour être mises à jour, ou elles s'arrêteront là.

Des connecteurs informatiques anciens alignés à côté d'un seul connecteur moderne

Une prise d'un côté, une prise de l'autre. C'est tout ce que fait le traducteur d'Apple

Une petite boîte blanche de sauvegarde posée sur une étagère poussiéreuse, à côté de son câble réseau

La petite boîte blanche au fond de l'étagère. Elle ne fera plus de sauvegarde après la mise à jour

Et il y a le reste, la liste de ce qui part sans que personne n'en parle. Boot Camp, l'outil qui permettait de démarrer un Mac sous Windows, est retiré : sans processeur Intel, il n'a plus de raison d'être. Le partage de fichiers AFP disparaît aussi, et ça, ça va faire mal à ceux qui sauvegardent encore sur une Time Capsule, la petite boîte blanche qu'Apple vendait avant ses routeurs actuels. Time Machine ne saura plus y écrire. L'utilitaire AirPort n'est même plus livré avec le système, mais il reste téléchargeable, même si son support est terminé depuis un moment.

Il y a un dernier morceau, plus sournois, et c'est celui qui va vous toucher dans six mois sans prévenir. Le 2 septembre, Apple a écrit à ses développeurs pour leur dire qu'une application compatible à partir de macOS 13 pouvait désormais retirer le support des Macs Intel. La formulation exacte est jolie : « simplifier votre développement et optimiser la taille du téléchargement et du stockage ». En clair, votre app préférée peut continuer à sortir des versions, et vous ne les recevrez plus. Pas de message, pas d'erreur, juste un bouton qui reste sur la vieille version.

Alors, on met à jour ou pas ? Si votre Mac a une puce M1 ou plus récente, oui, mais pas ce soir. Attendez deux ou trois semaines, le temps que la première vague de correctifs passe, comme à chaque sortie depuis dix ans. Sauvegardez avant, vraiment, pas « je ferai ça demain ». Et si une application dont vous dépendez tous les jours est un peu ancienne, vérifiez qu'elle tient le choc avant de lancer l'installation.

Si votre Mac est un Intel, la réponse est plus simple : vous restez sur macOS 26, et vous n'avez rien à faire. Le système refusera Golden Gate de toute façon. Ce qui commence aujourd'hui n'est pas une panne, c'est un compte à rebours. Côté iPhone, c'est un peu le même film cette semaine, avec une Siri qui arrive en retard et pas partout.

Un dernier conseil, et c'est le seul qui compte vraiment : ne laissez pas la mise à jour se faire toute seule la nuit. Ce n'est pas la version d'hier, c'est celle qui referme le pont avec l'ancien monde. Vous avez le droit de choisir le moment. Et pour ceux qui ont déjà cliqué sur Mettre à jour lundi matin, sans sauvegarde, entre deux cafés, je n'ai qu'une chose à dire : bonne chance, et pensez à moi pendant que la roue tourne.

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